Austin, énoncés constatatifs et énoncés performatifs

austin.jpg« L’énoncé constatatif a, sous le nom d’assertion si chère aux philosophes, la propriété d’être vrai ou faux. Au contraire, l’énoncé performatif ne peut jamais être nui l’un ni l’autre : il a sa propre fonction à lui, il sert à effectuer une action. Formuler un énoncé, c’est effectuer l’action, action peut-être qu’on ne pourrait guère accomplir, au moins avec une telle précision, d’aucune autre façon. En voici des exemples :

 « Je baptise ce vaisseau Liberté. »

                      « Je m’excuse. »

                      « je vous souhaite la bienvenue. »

                      « Je vous conseille de le faire. »(…)

Dire « je promets de… », formuler, comme on dit, cet énoncé performatif, c’est l’acte même de faire la promesse.

Cependant, l’énoncé performatif n’est pas exempt de toute critique : on peut très bien le critiquer, mais dans une dimension tout à fait différente de celle du vrai et du faux. Il faut que le performatif soit publié dans une situation qui est en tout point appropriée à l’acte dont il est question : si l’auteur n’est pas dans les conditions requises pour agir (…), alors son énoncé sera (…) « malheureux ».

                                                                                           Austin « performatif-constatatif »

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