Gombrich - contre le réalisme naïf

"Une représentation n’est meilleure qu’une autre qu’en relation à la fonction qui leur est attribuée. Les codes et les conventions qui régissent les représentations varient et dépendent des fonctions que l’on a assignées aux représentations. Cela n’aurait pas de sens de critiquer les dessins d’un caricaturiste sous prétexte que ses dessins ne seraient pas ressemblants. La fonction de la caricature n’est pas de représenter de la manière la plus « réaliste » possible les choses, mais au contraire d’accentuer exagérément certains traits pour faire ressortir l’aspect grotesque du sujet représenté"

" Les peintres égyptiens avaient une manière très différente de la nôtre de représenter la réalité, conséquence sans doute des buts que se proposait leur peinture. Ce qui comptait le plus, ce n’est pas que ce fût beau, mais que ce fût complet. Le devoir de l’artiste était de conserver chaque chose aussi clairement et aussi durablement que possible. Il ne s’agissait pas de croquer la nature telle qu’elle peut apparaître sous un angle fortuit. Ils dessinaient de mémoire, suivant des règles strictes dont l’application assurait que tout ce qui devait figurer dans la peinture y serait parfaitement discernable. Leur méthode ressemblait plus, à vrai dire, à celle du cartographe qu’à celle du peintre "

                                                                                                                                                                     Gombrich, Histoire de l'art p. 60

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