"Leur dette, notre démocratie" - colloque ATTAC

Quelques interventions au colloque d'ATTAC (association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne) consacré au problème de la dette, ou comment la gestion de la dette dépossède les citoyens du pouvoir politique.      

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- Faut-il nationaliser les agences de notation ? Selon Frédéric Lordon, celles-ci ne sont que des phénomènes de surface : s'y attaquer sans attaquer la structure de la finance elle-même serait vain.

- Le peuple a-t-il encore un pouvoir politique ? La politique est entre les mains des créanciers internationaux : réforme des retraites et gestion des crises des dettes publiques en sont le témoignage évident. La constitutionnalisation en cours des règles budgétaires européenne (règle d'or) dépossède les Etats donc les citoyens de tout pouvoir sur les politiques économiques (le keynésianisme déclaré illégal !) et sociales (fin de l'Etat providence).

-Peut-on réformer l'Union européenne pour restaurer la souveraineté populaire ? Pour Frédéric Lordon, une intégration européenne plus poussée pourrait nous permettra de sortir de la crise mais affaiblirait davantage le pouvoir des citoyens. La souveraineté poppulaire, actuellement, ne peut se faire qu'à l'échelle nationale.

-l'Union monétaire peut-elle survivre à la crise ? Lordon dévoile ses doutes : la croyance monétaire allemande  (selon laquelle la banque centrale doit être indépendante du pouvoir politique) solidement ancrée dans les esprits allemands (et déjà à l'origine de la crise des années 30 qui a donné lieu au nazisme) est incompatible avec les exigences politiques citoyennes françaises. L'économiste se fait ici anthropologue et historien, nous rappelant que l'économie est avant tout une science sociale.

 

 

Suzan George : marché et démocratie sont incompatibles.

 


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